La RDC en état d’urgence sanitaire, économique et sociale : Alain Lubamba recommande la continuité de l’État en version numérique

Dans une publication Facebook, le Député national honoraire, Alain Lubamba wa Lubamba propose des pistes de solutions face à la triple crise qui frappe le pays actuellement, déjà peu stable sur les plans sanitaire, économique et social.

La crise sanitaire par le coronavirus 19 (covid-19) met sous tension le système de santé congolais. Elle soulève également la question de la capacité de réponse face à des catastrophes (annoncées ou avérées). Ce faisant, elle déborde la sphère purement sanitaire pour devenir une crise économique et sociale.

L’ÉTAT D’URGENCE SANITAIRE

L’efficacité des systèmes de santé réside notamment dans la qualité des systèmes de prévention épidémiologique. En ce qui concerne le covid-19, pour le pays ne disposant pas d’un tel système, la fenêtre d’une mise en place rapide s’est refermée deux semaines après que l’OMS ait déclaré l’épidémie comme étant une urgence sanitaire internationale, soit le 14 février 2020, la déclaration de l’OMS ayant eu lieu le 30 janvier 2020. Une fois fermée la fenêtre de la prévention, deux instruments doivent être activés avec dextérités : la communication de crise et la prise en charge des personnes atteintes.

L’urgence sanitaire ne doit pas devenir le chaos communicationnel auquel l’on assiste actuellement, dans un contexte où le besoin d’information est primordial. Il conviendra donc, pour respecter le droit à l’information garanti par la Constitution (article 24) et les droits des malades (ordonnance n° 70-158 du 30 avril 1970 déterminant les règles de la déontologie médical), d’adopter un protocole de communication appropriée, multicanal, avec un seul message cependant. Cela suppose également, une mise à jour journalière.

En ce qui concerne la prise en charge des personnes atteintes ou supposées atteintes, il conviendra d’indiquer clairement le protocole de prise en charge : test précoce, consultation, triage et prise en charge proprement par confinement à domicile ou dans une institution de santé désignée.

L’ÉTAT D’URGENCE ÉCONOMIQUE

Beaucoup d’entreprises seront secouées par la crise économique dérivant de la crise sanitaire. Faut-il suspendre les règles de faillite ? faut-il un plan de secours aux entreprises en difficultés ? Les dispositions de la loi n° 14/023 du 07 juillet 2014 fixant les règles relatives aux conditions et modalités de sauvetage de l’entreprise industrielle en difficulté ne peuvent-elles pas être étendues aux autres secteurs de la vie économique ?
Pour toutes ces raisons, à l’exception des établissements de crédit qui peuvent bénéficier d’un secours direct de la Banque Centrale du Congo, le Gouvernement devrait disposer des outils juridiques pour prendre exceptionnellement des mesures de sauvegarde du tissu économique du fait des impacts négatifs de la crise économique consécutive à la pandémie du Covid-19. Le Premier Ministre pourrait faire usage de son pouvoir réglementaire général prévu dans l’article 92 de la Constitution de la RDC. Il va sans dire que les actions à mener doivent être coordonnées avec celles envisageables par la Banque Centrale du Congo. Une équipe de coordination de cet aspect de la crise devrait être mise sur pied.

La crise économique signifie également une baisse des recettes publiques. Il y a donc urgence à recourir à des instruments financiers mis en place par des partenaires financiers (FMI et Banque mondiale). Une demande d’un prêt d’urgence à taux zéro auprès de la Chine devrait également figurer dans les solutions d’urgence pour améliorer les ressources et préserver certains programmes en cours.

Entre-temps, le Gouvernement devra compte sur sa capacité de mobilisation des ressources interne et, dans ce cadre, devrait accélérer certaines reformes susceptibles de mitiger cet effet de la crise : élargir la base des investisseurs sur le nouveau marché des valeurs du Trésor, émettre des titres plus longs dont l’échéance doit être au moins d’une année et accélérer le développement du marché des titres privés pour diriger certains projets structurants vers des partenaires privés dans le cadre des partenariats public privé, conformément à la Loi No 18/016 du 9 juillet 2018 relative au partenariat public-privé.

Enfin, il sera également l’occasion de revoir la gouvernance de certains outils de prévention de crise qui ne fonctionnent pas correctement à l’instar des Réserves Stratégiques Générales créées par le Décret n° 016/2003 du 02 mars 2003 portant création et statuts d’une entreprise publique dénommée « Réserve Stratégique Générale », en abrégé « R.S.G. »

L’ÉTAT D’URGENCE SOCIALE

Le secours à l’économie nationale devrait permettre d’éviter un coût social élevé de la crise économique. Le Gouvernement devra se prononcer sur les licenciements pour des motifs économiques liés à la crise du covid-19.
De ce qui précède, il n’est pas indiqué de décréter la suspension du Conseil des ministres étant donné la nécessité de se consulter pour les décisions urgentes à prendre. Le Gouvernement pourrait envisager le recours à des outils de vidéoconférence. En effet, si les deux chambres du Parlement peuvent être contraintes à des vacances, le Président de la République et le Gouvernement, y compris les gouvernements provinciaux, au nom de la continuité de l’action de L’ETAT afin de donner des réponses appropriées à la demande de la population en cette période des grandes inquiétudes, devraient continuer à fonctionner, en mode téléconférence.

Alain LUBAMBA wa LUBAMBA

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