Forêt : Mgr Fulgence Muteba alerte l’opinion quant à l’extinction progressive du bois rouge « MUKULA »

Jonathan Siva

Cet évêque congolais dénonce un « désastre écologique » dans le Sud-Est de la République démocratique du Congo, qui menace une espèce de bois menacé d’extinction à la frontière du territoire es-congolais avec la Zambie.

« Alors que le monde entier s’offusque des ravages du feu en Amazonie, près de nous un désastre écologique est en cours près de la forêt de Miombo dans le Haut-Katanga où d’intenses activités anarchiques s’observent autour du Pterocarpus chrysothrix, appelé localement MUKULA« , écrit Mgr Fulgence Muteba, évêque de Kilwa-Kasenga dans la province du Haut-Katanga, dans un communiqué parvenu jeudi à l’AFP.

Cet arbre, également nommé « bois rouge« , est une variété de padouk, bois très dense prisé pour la construction et l’ébénisterie. Il est menacé d’extinction en Zambie voisine, d’après des défenseurs de l’environnement.

« Les exploitants de cette précieuse ressource naturelle, derrière lesquels se cachent des sujets chinois et des proches du pouvoir, sont de retour sur le terrain depuis quelques semaines », note le prélat catholique. Selon Mgr Muteba, les exploitants forestiers ramassent des grumes abandonnés depuis un bon moment et les destiné au marché chinois. L’inconvénient de cette activité réside dans la possibilité des nouvelles coupes.

Cette façon de faire augure le début d’une nouvelle activité de prédation écologique qui touche la partie orientale du parc de Kundelungu, qui est une aire protégée, estime l’évêque de Kilwa-Kasenga.

Selon ce prince de l’Eglise, le trafic du bois est un pillage qui ne prend nullement en compte la dégradation de la biodiversité. 

Depuis 2016, Mgr Muteba dénonce des actes d’exploitation illégale du bois rouge commise par des Chinois dans la province du Haut-Katanga. Cette année-là, le prélat avait alors lancé un appel aux autorités congolaises à prendre des mesures efficaces pour arrêter la spoliation de ce patrimoine, en protégeant ce bois précieux et ainsi sauvegarder l’écosystème en vue du bien commun et de l’équilibre climatique. 

En octobre 2018, il avait invité les autorités à organiser le ramassage d’une importante quantité de bois rouge abandonné par des « exploitants artisanaux« .

Bien que l’inscription de « MUKULA » à l’Annexe II de la CITES soit positive, il est nécessaire de maintenir une vigilance maximale, compte tenu des antécédents de la RDC avec la CITES, rappelle Greenpeace.

Selon l’ONG de protection de l’environnement Greenpeace « 3.395 feux » touchant surtout la savane ont été documentés en RDC depuis le 21 août dernier.

ALI MALIKI

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