Environnement : La CITES prône une protection renforcée des espèces sauvages menacées

Jonathan Siva

Réviser en dix jours à peine, la liste des 36 000 espèces sauvages régies par la CITES, c’est peu dire mais le chantier était colossal. Les pays du monde entier ont consenti à une protection renforcée et un commerce plus durable des animaux et des plantes à travers le monde, à l’issue de la conférence triennale de la convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), qui s’est achevée mercredi dernier à Genève. 

Au cours de cette conférence-réunion, la CITES soutenue par les Nations unies, a révisé les règles commerciales applicables à des dizaines d’espèces anéanties par un commerce non durable lié à la surexploitation, à la surpêche et à la surchasse. 

La secrétaire générale de la CITES, Ivonne Higuero, se félicite du fait que les signataires de la Convention ont soutenu un commerce d’espèces sauvages légales et durables et met en garde les détracteurs écologiques contre la complaisance face au trafic illicite lié aux gangs criminels opérant en ligne. 

 » L’humanité doit réagir à la crise d’extinction croissante en transformant notre façon de gérer les plantes et les animaux sauvages du monde. Continuer comme d’habitude n’est plus une option « , déclare-t-elle.

Parmi les décisions prises lors de la conférence, les parties à la CITES ont exhorté le Mexique à utiliser sa marine pour empêcher les navires de pêche d’entrer dans un refuge pour le marsouin du golfe de Californie, qui est menacé d’extinction. 

Par ailleurs, des mesures de protection accrues ont été votées en faveur des loutres à poil lisse et à petites pinces d’Asie, désormais menacées d’extinction, face à la perte d’habitat et au possible commerce d’animaux vivants.

En outre, les pays membres de la CITES ont également interdit le commerce international d’éléphants, des reptiles, des girafes et des requins.

Un bilan globalement salué par les ONG, le point de discorde vient auprès des pays d’Afrique australe qui menacent de claquer la porte lors des prochaines réunions. Le Zimbabwe se plaint d’avoir trop des pachydermes sur son territoire et pas suffisamment d’argent pour les protéger et entretenir ses parcs nationaux. 

 » Les européens ont laissé disparaître tous leurs animaux. Mais ils veulent imposer des règles à ceux qui ont réussi à protéger les leurs « , fustige le président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa.

Une menace qui n’inquiète pas David Morgan, du secrétariat de la CITES,  » Nous avons 183 pays membres de la convention, rappelle David Morgan. Si un pays quitte la convention, il n’aura pas beaucoup de partenaires pour engager un commerce d’une espèce menacée. Personnellement, j’ai entendu ce type de discours depuis 25 ans, donc ce n’est pas nouveau. Ma première expérience, c’était en 1982: le Zimbabwe à l’époque avait fait la même observation et le Zimbabwe est toujours là, toujours membre actif et je pense que cela devrait continuer comme ça « .

La CITES, qui est un accord international entre États, a pour but de veiller à ce que le commerce international des spécimens d’animaux et des plantes sauvages ne menace pas la survie des espèces auxquelles ils appartiennent. La prochaine assemblée de la Convention aura lieu en 2022, au Costa Rica.

ALI MALIKI

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