Développement Rural. PROADER, un nouveau projet en gestation

Rédaction

À la suite d’une requête de financement à la Banque Africaine de Développement par le Gouvernement de la RDC au mois de Mars dernier, une mission de cette institution financière Africaine a séjourné du 18 Avril au 3 mai 2019 au pays de Lumumba.

Pour Madame Aminata Sow, chef de la délégation, cette mission rentre dans le cadre de préparation d’un nouveau projet qui s’intitulerait « Projet d’Appui au Développement Intégré de l’Economie Rurale » PROADER en abrégé et qui va viser de manière globale entre autre l’amélioration des conditions de vie, la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations rurales ainsi que la contribution à l’amélioration des agrégats macro-économiques de la RDC par la réduction des importations des produits alimentaires.

Au cours des travaux entre experts de la BAD et ceux des différents ministères impliqués, il a été également dit que le PROADER permettra de consolider et d’étendre les acquis d’autres projets sous encrage institutionnel de l’Administration du Développement Rural ayant bénéficié de l’appui financier de la BAD. Il s’agit notamment de PARSAR, PRESAR, PRISE et PADIR.

Pour une bonne récolte de données sur terrain, l’équipe a été scindée en deux. La première, sous la conduite de Madame SOW, était dans les provinces du Kwango et du Kwilu. La deuxième était au Kongo Central sous la direction de Monsieur Stanny KOLOKOTA, également expert à la BAD.

L’équipe de SOW a eu à prendre plusieurs contacts notamment avec le Centre d’Appui au Développement Intégré de Mbakana au plateau de Bateke à Kinshasa, la coordination provinciale de Enabel ex Coopération Technique Belge à Kenge, chef-lieu de la province du Kwango où la mission a aussi pris langue avec les autorités provinciales dont le Gouverneur ad intérim ainsi qu’avec les services techniques provinciaux et autres ONGs œuvrant dans la province. 

Les consultations avec tous ces acteurs ont tourné autour de quelques 5 points à savoir la problématique de désenclavement des bassins de production, la non durabilité des pistes réhabilitées faute d’entretien, la faible appropriation des projets par les autorités locales, la nécessité d’inclure les services connexes liés à la fonctionnalité dans la fourniture des équipements et en fin l’importance de l’implication du secteur privé dans le développement des services agricoles et la transformation des produits.

Dans la province du Kwango, la mission, faute de temps matériel, n’a visité que l’atelier mécanique de l’institut technique MBWETETE de Bukanga Lonzo réhabilité et équipé par le PADIR. Ici, la formation des formateurs s’avère indispensable.

À l’étape suivante c’est-à-dire dans la province du KWILU, c’est la même méthodologie qui a été appliquée. Présentation des civilités à Monsieur le Maire de la Ville de Kikwit et briefing sur le nouveau projet, séance de travail avec les services Techniques provinciaux impliqués et les ONGs autour des mêmes points évoqués ci-haut. Contrairement à la province sœur de Kwango, la mission a visité quelques initiatives privées locales notamment le Crédit Yampa qui a manifesté sa volonté d’accompagner les femmes non seulement dans la vente des produits agricoles comme il fait déjà mais aussi dans la production et ce, dans toute la province, l’ONG REFEKI (REGROUPEMNET DES Femmes de Kikwit) spécialisée dans la transformation des produits agricoles et MOCC ( Mouvement Ouvrier Chrétien du Congo) qui a entre autre la transformation comme activité.

La mission s’est aussi rendue dans le territoire de Bulungu où elle a visité un champ de démonstration des Maïs QPM3, fruit de partenariat entre le projet PAPAKIN et une union des paysans nommée Association pour le Développent de Bulungu ADEBU dans le secteur de KIPUKA à quelques 20 km de la ville de Kikwit. 

Dans le chapitre relatif aux initiatives privées dans cette province issue du démembrement du grand Bandundu, la mission s’est dite émerveillée à l’issue de la visite des pépinières des palmiers nains de la firme Huileries, Plantations, Elevages du Kwango Kwilu en abrégé HPEK, à Kipuka et à Mulemba dans le territoire de Bulungu dont la première compte déjà plus de 250 000 plantules et ce, en étroite collaboration avec le Projet PAPAKIN et les Unions paysannes de la place. 

À noter que les femmes exécutent mieux leur tâche par rapport à leurs homologues hommes, a déclaré un responsable de HPEK. 

Au village YOKO dans le territoire de Masimanimba, la relance des  palmeraies est une réalité. Les paysans n’ont pas seulement  bénéficié des terres de la part du Gouvernement mais aussi de l’assistance technique et conseils des partenaires comme PAPAKIN et  HPEK. Ici, chaque paysan dispose d’une palmeraie de 7 hectares. Initiative très encouragée par la mission et qui mérite d’être dupliquée ailleurs.

Strategos, une entreprise privée installée à Lusanga dans l’ancienne concession de PLZ, abat un travail de titan dans la production et transformation de maïs en farine et en semoul. Elle appui les paysans en intrants et rachète leur production. Elle assure l’entretien des pistes rurales amenant vers ses bassins de production. La mission a apprécié à sa juste valeur le travail qu’abat cette société dans l’économie rurale intégrée du territoire de Bulungu.

La décentralisation a été au menu de l’entretien entre la mission et le secrétaire administratif du secteur de Kwenge qu’accompagnait un agent local du Développement Rural, question de récolter d’autres données à la base.

La mission de préparation du nouveau projet PROADER dans le Kongo central a été conduite par un autre expert de la BAD en la personne de Monsieur Stanny KOLOKOTA, avec comme points de départ les réalisations de PADIR.

Ainsi, en route pour Matadi, Chef-lieu de cette province, la mission a successivement visité l’entrepôt que le PADIR a construit au niveau du marché de Mbuba dans le territoire de Madimba qui se trouve être un centre de négoce et non un bassin de production; le centre de santé de KOLA, dans la zone de sante de BOKO Secteur KIVULU, territoire de MBANZA NGUNGU disposant d’un mini-réseau hydraulique avec réservoir et quelques bornes fontaines ; l’entrepôt de MALANGA LOMBE construit également par le PADIR situé sur la Nationale N°1 dans le territoire de Songololo, disposant d’un comité de gestion et maintenu en état par les frais de location de l’entreposage comme c’est le cas à Mbuba.

Une fois à Matadi, la mission s’est intéressée à l’abattoir de cette ville que venait de réhabilité le PADIR et qui est effectivement opérationnel en dépit de quelques petites difficultés. La gestion financière s’y fait de manière très transparente.

Le lendemain, la délégation s’est rendue à Kinzau Mvuete où elle a été reçue par le chef du secteur. 

Ensuite l’équipe2 de la mission de préparation de PROADER a visité l’atelier de Menuiserie de l’ONG COAKIM entendez Collectif des Artisans de Kinzau Mvuete, bénéficiaire d’un appui important de la part du PADIR non seulement en termes de matériels de menuiserie et de couture mais aussi d’un bâtiment servant de siège administratif situé un peu plus loin.

Le point de vente de l’ONGD ADEM spécialisée dans la transformation des produits agricoles et bénéficiaire d’un grand bâtiment de la part du Projet PADIR n’était pas en reste.

Il sied de signaler que le secteur de Kinzau Mvuete dispose d’un Institut Supérieur de Développement Rural. Cet institut participe également à la production des produits vivriers et à la transformation particulièrement du manioc en cossette.

Avant de poursuivre sa mission, la délégation s’est entretenue avec le nouveau Gouverneur de province sur le PROADER et a récolté beaucoup de données nécessaires au cours de ce tête-à-tête pouvant aider à une bonne préparation du nouveau projet qui sera sous la tutelle de l’Administration du Développement Rural.

Après le Gouvernorat, c’est la maison de la femme de Matadi qui a reçu la visite de la mission. Elle a l’avantage de fonctionner dans un bâtiment appartenant à la province mais elle manque de matériels.
Sur la route de retour, la mission s’est arrêtée à Kimpese pour y visiter une initiative privée appartenant à un prêtre catholique en l’occurrence Père Charles. Sa structure s’occupe de la transformation des fruits en jus de fruit ainsi que de la fabrication de la charcuterie et des chikwangues.

Une mise en commun des données récoltées dans les trois provinces à savoir le Kwango, le Kwilu et le kongo Central a été faite de retour à Kinshasa toujours dans la salle de réunion du secrétariat Général du Développement Rural.


Greenrdc avec la Cellcom de l’Administration du Développement Rural

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Next Post

La pauvreté reste généralisée en RDC, tranche la Banque Mondiale dans son rapport

Ce mardi 14 mai 2019, la Banque Mondiale a publié un rapport d’évaluation de la pauvreté en République Démocratique du Congo et le constat est amer. Il est relevé à l’intérieur que la République Démocratique du Congo est, après le Nigéria, le deuxième pays d’Afrique subsaharienne, avec plus de personnes […]